Bilan vaccins obligatoires 2018

Bilan vaccins obligatoires 2018

L’année 2018 est marquée par un évènement important : l’obligation vaccinale. Essayons d’éclaircir la situation en apportant des réponses à un certain nombre de vos questions.

Le vaccin, à quoi ça sert ?

Dans un premier temps il est utile de rappeler le fonctionnement des vaccins : la vaccination permet de protéger les individus à la fois de manière individuelle et collective (immunité de groupe) contre certaines maladies infectieuses potentiellement graves. L’immunité de groupe : la vaccination protège de façon indirecte les personnes les plus fragiles pour lesquelles certains vaccins (notamment vivants) ne peuvent être administrés.

La vaccination consiste en l’injection d’un fragment de microbe tué ou atténué permettant à l’organisme de développer des défenses immunitaires contre une maladie ciblée sans être malade. Ainsi lors d’un contact ultérieur avec cette même maladie, la personne sera protégée car son organisme pourra fabriquer des anticorps spécifiques contre cette maladie.

Les nouveautés 2018

La seule chose qui a changé pour la vaccination en 2018 est le mot « OBLIGATOIRE ».

Jusqu’à présent 3 vaccins étaient obligatoires (Dipthérie, Tétanos, Poliomyélite) et 8 fortement recommandés (Haemophilus influenzae b, Coqueluche, Hépatite b, Rougeole, Oreillon,  Rubéole et Méningocoque C). 70 à 90% des enfants étaient déjà vaccinés.

L’aluminium, sans danger ?

Concernant l’aluminium : c’est un adjuvant présent dans les vaccins sauf dans le ROR (Rougeole, Oreillon, Rubéole). Il permet la stimulation et le renforcement du système immunitaire.

Il faut savoir que l’aluminium est présent partout dans notre quotidien, y compris dans l’alimentation (même bio), dans l’eau, ... Les adjuvants à base d’aluminium sont utilisés depuis 1926 et le profil de sécurité en est bien établi.

De nombreux rapports scientifiques ont conclu que les données disponibles ne remettent pas en cause la sécurité des vaccins

Concernant l’hépatite B

Beaucoup de personnes ne comprennent pas l’intérêt de vacciner les jeunes enfants contre cette maladie. Il faut savoir que l’hépatite B est une maladie extrêmement grave et fréquente qui fait environ 1300 morts en France par an et qui touche essentiellement les adolescents et les adultes jeunes. Une des complications les plus graves de cette maladie est le cancer du foie.  Cette maladie peut être évitée par la vaccination. La vaccination d’un nourrisson permet d’apporter une protection très longue (le vaccin est très efficace à cet âge et les rappels ultérieurs sont en général inutiles), de diminuer le nombre de piqures car le vaccin est compris dans l’Hexavalent (qui protège également contre la Diphtérie, le Tétanos, la Poliomyélite, la Coqueluche et l’Haemophilus influenzae b), d’assurer une meilleure couverture vaccinale.

La vaccination chez le nourrisson

Certains parents pensent que les vaccinations sont trop nombreuses pour un nourrisson. Il faut savoir que les antigènes introduits dans les vaccins représentent une faible stimulation du système immunitaire comparée à celles provoquées par tous les antigènes du quotidien.

De plus, le nourrisson est incapable de fabriquer une certaine catégorie d’anticorps (anti-polysaccharidique) avant 2 ans, c’est pourquoi les méningites à pneumocoques et à haemophilus touchent les très jeunes enfants.

Il est vrai que l’allaitement confère une immunité, mais celle-ci est passive et non spécifique de maladie. Toutes les catégories d’anticorps ne passent pas dans le lait maternel, c’est pour cela qu’il est important de vacciner un bébé même s’il est alimenté de façon exclusive au sein.

Des effets secondaires ?

Il existe des effets secondaires aux vaccins (fièvre, œdème, rougeur, douleur au point d’injection …, mais il faut regarder la balance bénéfice-risque pour laquelle le vaccin est la meilleure thérapeutique. Les cas d’allergies  aux vaccins sont très rares.

En résumé

Il y a l'obligation de vacciner contre 11 maladies qui se regroupent dans 4 vaccins :

  • Le vaccin Hexavalent qui protège contre la Diphtérie, le Tétanos, la Poliomyélite, l’Haemophilus influenzae typeb, la Coqueluche et l’HépatiteB
  • Le vaccin contre le Pneumocoque
  • Le vaccin contre la Méningite du groupe C
  • Le ROR qui protège contre la Rougeole, les Oreillons et la Rubéoles.

La seule chose qui a été rajoutée dans le calendrier vaccinal est la primo-vaccination contre le Méningocoque C  à 5 mois au lieu de 12 mois car il a été montré que de très jeune nourrisson étaient exposés à ce risque de méningite.

Référence :

« guide santé : la vaccination question-réponse »AFPA, mpedia.fr
« le pédiatre, cahier FMC N°281 et 282 »

Dr Romina COSTANZIA TAULELLE, Pédiatre au Pôle Santé Saint Jean