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Le Dr Jean-Christophe Corradi, médecin spécialiste de la micronutrition au Pôle Santé Saint Jean, répond aux questions que l'on se pose concernant cette approche de la nutrition médicalisée souvent peu connue.  Qu’est-ce que la micronutrition ? La nutrition classique repose sur l'équilibre des apports en glucides, lipides et protéines. La micronutrition sert à dépister les carences en micronutriments, c'est à dire : (vitamines, oligoéléments, minéraux, acides gras essentiels…). Les micronutriments n’ont pas de valeur énergétique, mais sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme et du métabolisme. Par exemple : la fibre musculaire ne peut se contracter sans présence de calcium. La micronutrition est donc une prise en charge nutritionnelle fonctionnelle qui établit un lien entre l’alimentation, la santé physique et psychique afin d’apporter une solution à de nombreux problèmes comme : la fatigue chronique, les troubles de l’humeur, les problèmes digestifs, les douleurs articulaires, les maux de tête, l’obésité… Concrètement à quoi sert la micronutrition ? Chaque individu est unique au niveau de son métabolisme, de ses comportements alimentaires, de ses besoins, mais aussi de sa gestion des agressions extérieures comme  le stress, l'activité physique, les maladies… La micronutrition consiste à envisager l'individu dans sa globalité et ainsi réaliser un bilan de son état de santé et plus seulement de son assiette. En résumé, la micronutrition permet d’évaluer votre terrain métabolique, ses forces et ses faiblesses et ainsi comprendre si votre alimentation l’agresse ou l’améliore. Avez-vous un profil métabolique plutôt inflammatoire ? Quel est votre profil immunitaire ? Quel est l’impact du stress psychologique sur votre organisme ? Ce sont des questions que nous nous poserons lors de la consultation. Est-ce que cela concerne tout le monde ? Oui tout le monde, enfants et adultes. La micronutrition permet de prendre en charge le patient de façon globale, en commençant toujours par étudier le contenu de son assiette. Quels sont les champs de la micronutrition ? Les champs d’application sont vastes et correspondent à des symptômes ou des doléances fréquentes en médecine. Les troubles du fonctionnement digestif : assimilation des aliments, confort et transit digestifs, allergies, intolérances alimentaires... La prévention du surpoids, l’accompagnement du traitement du surpoids et de ses complications cardio-métaboliques. Les troubles de l’humeur Les troubles du sommeil ; Les troubles du comportement alimentaire L’adaptation de son alimentation pour son bien-être au quotidien La lutte contre le vieillissement et les maladies dégénératives La prévention des maladies cardio-vasculaires et du syndrome métabolique L’activité physique : optimisation de la performance, préparation à l’entrainement... Avez-vous des exemples de cas concrets ? Oui par exemple : Des maux de têtes à répétition. Une fatigue dès le réveil, une perte de motivation, la sensation d'être vidé. De l’irritabilité, de la frustration, de la colère. Autant de symptômes de la vie quotidienne qui peuvent correspondre à des carences. Une consultation en micronutrition peut vous aider à régler rapidement ces problèmes. Comment se déroule une consultation en micronutrition ? La première consultation va permettre d’identifier l’origine de vos perturbations de santé. Afin de préciser vos symptômes en s’appuyant sur des outils d’aide au diagnostic. Elle se déroule en 3 temps : Dans un premier temps, le patient renseigne des questionnaires sur son alimentation et son comportement nutritionnel. Ces questionnaires serviront à repérer les déséquilibres alimentaires et à suspecter certains dysfonctionnement métaboliques et/ou déficits micronutritionnels. Une autre série de questionnaires mettra en évidence les troubles évoqués spontanément ou ignorés. Au terme de cette consultation, une exploration biologique sera parfois nécessaire afin d'affiner le bilan. Le second temps est celui de l’analyse de ces enquêtes, de ces bilans et constitue le point de départ d’un conseil personnalisé pour un retour vers l’équilibre par des ajustements alimentaires, des conseils diététiques, voir une prescription de compléments alimentaires adaptés. Une troisième consultation à distance peut s’avérer nécessaire pour effectuer un bilan sur l'évolution des mesures mises en place. Préconisez-vous des cures de certains micronutriments selon les périodes de l’année, par exemple à la rentrée pour faire le plein d’énergie ou bien en hiver pour être moins malade ou éviter les coups de blues ? Oui, car  effectivement, le changement de saison affaiblit nos défenses, en particulier l’automne qui correspond aussi à une période de stress après les vacances d'été : reprise de l’activité professionnelle, des rythmes scolaires... L’hiver, l’environnement change également : baisse de l’ensoleillement et des températures. moins de choix en fruits et légumes. Ces facteurs conjugués peuvent être la cause de carences en vitamine C et D, toutes deux intervenant dans les mécanismes de défense contre les infections antibactériennes et virales. De plus, une carence en vitamine D aura un rôle dans la diminution de l’humeur voir la dépression automnale. La vitamine C aide également le métabolisme à l’absorption du fer. Une carence en fer se manifestera par une fatigue accrue. Le zinc, manganèse, sélénium sont également des facteurs importants pour l'organisme et le bon fonctionnement du système immunitaire.   Dr Christophe Corradi, Médecin Micronutritioniste. 
À quoi est due la Maladie D'Alzheimer ?   Des lésions cérébrales peuvent apparaître plusieurs années avant la survenue des symptômes. Les mécanismes de la maladie ne sont pas complètement élucidés mais on peut trouver des dépôts de "plaques amyloïdes" et de protéines "tau" anormales dans certaines structures cérébrales du réseau de la mémoire. Les hippocampes sont les structures cérébrales atteintes en premier par la maladie d'Alzheimer. Elles entrainent des troubles de la mémoire dite antérogrades (sur des faits postérieurs). Ainsi le sujet a des difficultés à se rappeler d'apprentissages ou d'événements récents. À contrario, la mémoire des faits anciens est préservée. Plus tardivement apparaît : Un déficit de la programmation gestuelle à l'origine de difficultés dans les gestes du quotidien (préparer un repas, faire ses lacets, utiliser un téléphone...). L'orientation est altérée. Le patient peut avoir des troubles du langage avec un manque de mots, mais n’en a souvent pas conscience. La maladie d'Alzheimer est-elle héréditaire ?   Les causes génétiques de la maladie d'Alzheimer sont très rares. On peut se poser la question d'une cause génétique lorsque les troubles surviennent autour de 40 ans.   Existe-t-il des traitements efficaces pour traiter la maladie d'Alzheimer ?   Certains médicaments permettent de ralentir la progression de la maladie mais aucun ne permet de la stopper.  Les pratiques non-médicamenteuses (orthophoniste, ergothérapeute, ateliers mémoire, activités physiques et sociales...) sont également indispensables pour ralentir l'évolution des troubles et maintenir une meilleure qualité de vie pour le patient.   Comment décèle-t-on, la maladie d'Alzheimer ?   À un stade précoce, détecter la maladie d’Alzheimer peut être difficile et plusieurs consultations sont souvent nécessaires pour porter le diagnostic.  Il convient de réaliser : un examen clinique neurologique, une prise de sang pour éliminer les causes soignables de troubles de mémoire, une imagerie du cerveau (habituellement une IRM), des tests de mémoire (Bilan neuropsychologique). Parfois, on fera appel à des examens plus poussés de type ponction lombaire et imagerie métabolique du cerveau.  Dr Muriel Laffon, Neurologue au Pôle Santé Saint Jean. 
Pourquoi dort-on ? Tout simplement pour récupérer ! Le sommeil permet : Le maintien de la vigilance à l’état de veille La reconstitution des stocks énergétiques des cellules musculaires et nerveuses La production d’hormones de croissance La régulation de fonctions telles que la glycémie (perturbation du métabolisme du sucre, favorisant surpoids et risque de diabète) La stimulation des défenses immunitaires La régulation de l’humeur et de l’activation du stress Les mécanismes d’apprentissage et de mémorisation On comprend alors mieux pourquoi une altération de la quantité ou de la qualité de notre sommeil peut être néfaste pour notre santé.   Comment est organisé notre sommeil ? Le sommeil n’est pas un état continu. Il contient plusieurs stades : le sommeil lent léger (stades N1 et N2), le sommeil lent profond (stade N3) souvent qualifié de sommeil de récupération plus abondant en début de nuit et le sommeil paradoxal (SP) qui est une phase agitée durant laquelle on rêve beaucoup et qui est plus fréquente en deuxième partie de nuit. Ces stades sont regroupés sous forme de cycle durant en moyenne 90 minutes. Hypnogramme d’un adulte normal   Pourquoi ne dormons nous tous pas de la même manière ? Le sommeil change avec les âges en quantité et en qualité. Par exemple, un sujet âgé présente un sommeil plus discontinu, fait moins de sommeil lent profond et de sommeil paradoxal, rendant parfois la limite entre le normal et le pathologique flou. Exemple d’hypnogramme d’une personne âgé. Il existe également des différences entre chaque individu qui reposent sur 2 explications : Nos comportements dictés par notre éduction et par notre mode de vie. La génétique. De nombreux gènes sont impliqués dans le fonctionnement de notre horloge biologique expliquant pourquoi on trouve des sujets du matin qui ont tant de mal à résister au sommeil le soir contrairement au sujet du soir qui eux ont toutes les peines du monde à sortir du lit le matin. On trouve également des petit dormeurs qui se satisfont de 5 à 6 h de sommeil contrairement aux long dormeurs qui ont besoin de 9h. Pour information le temps total de sommeil moyen en France est de 7h30 en baisse constante ces 50 dernières années justement à cause de nos comportements. Cela n’est probablement pas sans conséquence sur notre santé.   Quelques conseils pour bien dormir ? Eviter tous les excitants (café, thé, vitamine C, Coca-Cola …). Ne pas faire de repas copieux le soir, éviter l’alcool au dîner. Eviter de pratiquer un sport ou d’avoir des activités très stimulantes après 20 heures. Le soir, favoriser les activités relaxantes (lecture, musique, TV… ). Pas de bain chaud avant de s’endormir. Réserver la chambre au sommeil et éviter de regarder la télévision, de travailler ou de manger au lit. Trouvez votre rythme de sommeil et respectez-le. N’aller se coucher que lorsque l’on a sommeil. Ecoutez les signaux du sommeil (bâillements, yeux qui piquent) Chambre aérée, température entre 18 et 20°C, hygrométrie correcte. Se lever et faire autre chose si l’on se réveille au cours de la nuit. Se recoucher dès que l’on a à nouveau envie de dormir. Si vous vous réveillez le matin même très tôt, levez-vous et commencez la journée, mais ne cherchez pas à tout prix à vous rendormir Pas de sieste longue, sieste brève  (≤ 30 minutes) avant 15 heures autorisée si « rafraîchissante ». N’utilisez pas de médicaments pour dormir sans avoir consulté votre médecin Essayez de trouver la solution la plus efficace avec votre médecin et soyez acteur de votre traitement. Dr Launay, neurologue, spécialiste du sommeil 
Connaissez-vous le syndrome des jambes sans repos (SJSR) ? Est-ce un mythe ou une réalité ? Fréquent (au moins 2% de la population) et parfois invalidant, l’existence même du syndrome des jambes sans repos est contesté par certains probablement par méconnaissance. Sa description est pourtant ancienne. Au XVIIème siècle le médecin anglais Thomas Willis parle de « secousses et contractions si intenses que les personnes en souffrant n’étaient plus capable de dormir que si elles se trouvaient dans une chambre de torture ». Le médecin Scandinave Karl Axel Ekbom au XXème siècle en fait une description clinique plus fine et son nom sera d’ailleurs associé à cette affection. Les progrès scientifiques de ces dernières années ne font plus aucun doute sur l’existence de cette maladie en ayant souligné son lien avec le métabolisme du fer et de la dopamine. Des gènes de susceptibilité ont également été mis en évidence expliquant le caractère parfois familial de la maladie.   Quand penser à un syndrome des jambes sans repos ? 4 critères sont généralement requis : Les « impatiences » qui se définissent par un besoin impérieux de bouger les membres souvent associé à des sensations d’inconfort et sensations désagréables. Apparition ou aggravation par le repos (essentiellement en position allongée ou assise) Soulagement ou rémission lors des mouvements (marche, étirement, activité intellectuelle soutenue) Apparition ou nette aggravation des symptômes le soir ou la nuit. Selon la sévérité, les symptômes peuvent être à l’origine d’un sommeil non réparateur avec pour conséquence le lendemain fatigue et somnolence soit en réduisant la quantité de sommeil (retard à l’endormissement en raison de la gêne) soit en altérant la qualité du sommeil en raison de micro-éveil induit par des secousses musculaires appelés mouvements périodiques de jambe dont le patient n’a pas conscience. Est-il nécessaire de faire des examens pour confirmer le diagnostic ? La plupart du temps une simple consultation avec un neurologue est suffisante pour confirmer le diagnostic et pour écarter les autres causes de douleurs dans les jambes (problème de circulation veineuse, sciatique, obstruction des artères, douleurs musculaires etc…). Un bilan biologique est souvent réalisé à la recherche d’une carence en fer qui est connu pour déclencher ou aggraver certain Syndrome des Jambes Sans Repos (SJSR). Dans certaines situations, un examen appelé électromyogramme est réalisé pour étudier le fonctionnement des nerfs et des muscles à la recherche d’une neuropathie qui peut occasionner des douleurs ressemblant à celles du SJSR. Dans de rares situations, en cas d’échec des traitements ou de doute sur le diagnostic, un examen du sommeil appelé polysomnographie peut être proposé. Cette examen comporte un enregistrement de l’activité  musculaire des jambes et recherche des secousses périodiques des jambes durant le sommeil dont la présence permet souvent de valider le diagnostic.   Je pense avoir un SJSR. Suis-je obligé de prendre un traitement ? Cela dépend de la sévérité des symptômes et de leur fréquence. La première étape consiste à supprimer les facteurs favorisants. Nous avons déjà évoqué la correction de la carence en fer. Il faut également repérer sur l’ordonnance du patient les médicaments susceptibles d’aggraver le SJSR. Des médicaments contre l’hypertension, contre les allergies comme les antihistaminiques ainsi que certains antidépresseurs et neuroleptiques peuvent être impliqués. Il faut également limiter les excitants et la consommation d’alcool. Certains « petits moyens » peuvent être utilisés comme le refroidissement des jambes ou la contention des mollets par des chaussettes spéciales. Quand ces mesures sont insuffisantes, plusieurs traitements médicamenteux sont disponibles et l’avis d’un neurologue expérimenté sur cette pathologie est alors nécessaire.   Je prends pour mon SJSR un traitement contre la maladie de Parkinson. Suis-je à risque de développer cette maladie ? Non, le seul point commun entre maladie de Parkinson et SJSR est la prescription de médicament à base de dopamine. Dans le SJSR il n’y a pas de destruction des neurones à Dopamine et donc pas plus de risque que chez le reste de la population de développer dans l’avenir une maladie de Parkinson.   Dr Mael Launay, neurologue et spécialiste du sommeil au Pôle Santé Saint Jean
Nous savons tous que pour perdre du poids, il est important d’adapter un rythme alimentaire régulier, de ne pas grignoter, de manger équilibré en évitant les produits gras, salés et sucrés et pratiquer une activité physique. Mais connaissez-vous l’importance de la mastication dans la gestion du poids ? La mastication est un facteur qui déclenche la satiété et donc le sentiment de ne plus avoir faim ; elle permet de mieux assimiler les aliments et donc de manger moins. Mâcher longuement permet, au bout de 15 à 20 mn, la libération de l’histamine, neurotransmetteur libéré par l’hypothalamus et qui permet de transmettre le message au cerveau : « Arrête de manger, tu n’as plus faim ». Plus on mâche et moins on a faim. La mastication permet également une meilleure digestion : la digestion commence dans la bouche par le travail de l’amylase salivaire. Si vous avalez trop vite, le travail se fera directement par l’estomac puis les intestins et va entraîner fatigue, ballonnements et sensation de lourdeur. Pour bien mastiquer, il convient également de privilégier des repas assis à table, avec de la vraie vaisselle, dans le calme et sans appareils technologiques (télévision, téléphone, ordinateur) qui déconcentrent le cerveau sur son activité principale : manger ! En effet, si le cerveau est occupé à une autre activité, il ne prend pas conscience qu’il est en train de manger et va solliciter davantage de nourriture. Astuce !  Autre conseil pour une mastication et une assimilation alimentaire optimale, évitez les aliments mous : privilégier un fruit frais cru plutôt qu’une compote, du pain frais à la place du pain de mie, des légumes cuits entiers à la place des purées ou des potages etc. En résumé, en mastiquant bien, on mange moins et on digère mieux : n’hésitez pas à prendre le temps nécessaire pour ce moment de plaisir et apprécier ce que vous mangez.

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