[Tempête Alex] : Jonathan est parti aidé les sinistrés.

Consultations Saint Jean
Polyclinique Saint Jean
E3S Saint Jean
lun, 12/10/2020 - 14:45

Après le passage de la tempête Alex qui a touché les Alpes-Maritimes, Jonathan Pascutto, infirmier au Pôle Santé Saint-Jean, s'est porté volontaire pour aider l'établissement de santé situé à Roquebilière.

Rencontre avec notre infirmier au grand coeur !

 

- Comment avez-vous pris l'initiative de partir aider les sinistrés de l'arrière-pays ?
Pour la petite histoire j’ai été élu comme conseiller municipal du village de Bonson en mars dernier. En ce 2 octobre 2020, le village a failli être sinistré dans un quartier qui se situe dans le lit du Var. Nous avions monté une cellule de crise mais heureusement rien de grave n’est arrivé. Nous avons eu peur et quand j’ai découvert les images le lendemain c’est avec stupeur que je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose. 
Je voulais vraiment donner de ma personne. Lorsque j’ai vu le mail de Linda Feraud, la directrice des soins de la clinique Saint-Jean, qui demandait de l'aide dans les établissements hospitaliers de nos vallées sinistrées, je n’ai pas hésité. Linda Feraud m’a alors donné le contact de la référente de l’ARS pour les vallées. J’ai alors décidé de monter dans la vallée de la Vésubie à Roquebilière pour aider les équipes du Centre Jean Chanton (EHPAD, SSR, unité de médecine). Je reste donc une semaine dans cet établissement où je suis logé et nourri. 
 
 
- Depuis votre arrivée, quel est votre sentiment ?
La chaîne de solidarité est exceptionnelle. C’est magnifique à voir. Toutes les personnes du village se mobilisent à leur échelle entre utilisation d’engins mécaniques, gestion logistique et huile de coude. Les forces de sécurité sont également très présentes (pompiers, gendarmes, militaires, force06) et de tous horizons. Sans oublier les compagnies privées d’hélicoptères qui acheminent les dons « d’en bas » mais aussi les services telecom, d'électricité et d'eau qui continuent à travailler pour rendre la vie plus facile. Les restaurants de la place offrent à manger pour les bénévoles et les forces de sécurité. 
J’ai croisé des gens qui ont perdu leur maison. Je m’imagine à leur place avoir vraiment TOUT perdu : moyen de locomotion, papiers d’identités, fiche de paye, mobilier, leurs photos et leur toit. Un sentiment de frustration car on fait au maximum pour les aider mais cela ne remplacera pas tout ce qu’ils ont perdu.
Je remarque que les nicois sont très solidaires dans le comté. Notre identité est plus forte que tout et ça rassure de voir cela dans le monde d’aujourd’hui. 
 
- Quelles sont les priorités sur place ?
Une semaine après le sinistre, l’électricité est revenue par l’intermédiaire de groupes électrogènes. En revanche l’eau courante non-potable n’est revenue que dans certains quartiers.
Les dons de vêtements, alimentation et eau rythment le quotidien de la vallée. 
La vraie priorité aujourd’hui c’est la reconstruction des accès aux différents villages. Roquebilière est accessible par le col de Turini en passant par la Bolène-Vésubie.
Pour Saint-Martin une piste dédiée aux secours a été réalisée.
Pour le Boréon, une tyrolienne a été déployée pour permettre les dons d’arriver à bon port.
Les villages de Lantosque et Saint-Jean-La-Rivière eux sont accessibles à pied uniquement pour le moment.
 
- Comment s'organisent vos journées au quotidien au sein de l'hôpital ? Et après vos journées de travail ?
J’ai eu un emploi du temps me faisant travailler uniquement de 14:00 à 21:00. Je m’occupe exclusivement des résidents car certains employés sont restés bloqués sur les communes voisines. 
Le matin pour optimiser ma venue ici je suis bénévole dans le tri et la distribution du linge donné ou bien pour la distribution d’eau potable. 
 
- Avez-vous déjà mené ce genre d'action auparavant ?
Depuis plusieurs années j’ai à cœur de m’engager. Effectivement j’ai pris poste durant un mois et demi en suivant le docteur Dominique Petit à l’hôpital Émile Muller de Mulhouse quand la pandémie de Covid-19 a touché la région du Haut-Rhin. Ça a été tellement enrichissant que ça a renforcé mon sentiment de faire de l’humanitaire. Donc je n’ai pas hésité une seule seconde pour aider nos vallées.